mardi 17 novembre 2009

La Surprise

Je me laissai guider à l'intérieur de l'appartement où régnait toujours un calme inquiétant. Mon hôte ne disait pas un mot, je percevais juste sa respiration mesurée. J'étais dans un état second et je n'osai pas rompre ce lourd silence. Une épaisse moquette amortissait le bruit de nos pas, seul le froissement de nos vêtements était perceptible. La nonchalance avec laquelle je me laissais faire me surprenait. La main qui m'avait jusque là accompagné, se détacha délicatement de mon avant bras et soudain un bruit de pas fit craquer un plancher en bois. J'étais là, planté comme un piquet, ne sachant quoi faire de mes bras. Mon coeur tambourinait furieusement à mes oreilles. Une voix féminine qui m'était inconnue se fit enfin entendre :
- "Vous pouvez libérer vos yeux Simon".
Je détachai aussitôt le foulard aux délicieuses senteurs et je dus attendre que mon regard se fut habitué à la lumière ambiante pour découvrir la personne qui m'avait conduit jusqu'ici. Une belle femme brune vêtue de noir me faisait face. Elle était grande, plutôt mince, et un sourire amusé se dessinait sur ses lèvres. Son visage allongé et élégant me disait quelque chose mais bien qu'ayant quelques ressemblances avec Louise, je ne connaissais pas cette femme. La même allure élancée peut-être...
 "Qui êtes-vous ? lui demandai-je la fixant droit dans les yeux.
- Mon nom est Louise, vous ne vous rappelez donc pas?" me répondit-elle soudain sérieuse.
Elle jouait la comédie à merveille.
"Je me souviens de Louise dans les moindres détails, et je ne crois pas que nous nous connaissions.

- Tiens donc, vous êtes perspicace cher ami! Remarquez, vous même, vous ne ressemblez que d'assez loin à la description que l'on m'a faite de vous... Qu'est-il arrivé à votre oeil?" me répondit-elle avec malice alors qu'elle s'allongeait pratiquement dans un petit canapé rose pâle.
Sur le mur derrière elle trônait un immense miroir dans lequel se reflétaient ma silhouette longiligne et mon visage amoché. Je n'étais pas très à mon avantage.
Je restais sans voix.
- "Asseyez-vous donc mon cher."
Je trouvai refuge dans un fauteuil club aux confortables rondeurs.
Nous nous trouvions dans un salon baroque où le fushia et le gris anthracite contrastaient fortement. De lourds rideaux occultaient les fenêtres et une lampe discrète ainsi que plusieurs bougies diffusaient une lumière tamisée.
"Pourquoi m'avez-vous fait venir jusqu'ici?
- Vous le saurez bien assez tôt Simon. Puis-je vous offrir à boire?
- Pas avant de m'avoir dit qui vous êtes et ce que je fais ici.
- Je m'appelle Elisa, je suis la soeur de Louise. Et vous savez aussi bien que moi ce que vous faites ici."
J'essayai tant bien que mal de conserver mon flegme pour ne pas trahir ma surprise.
Elle s'empara d'une carafe à Cognac sur une petite table basse à côté d'elle pour en remplir deux grands verres.
 "Louise m'a dit que vous aimiez les alcools forts.
- Nous ne jouons pas à armes égales. Que vous a-t-elle dit d'autre à mon sujet?
- Elle m'a tout raconté, dans les moindres détails.
- C'est avec elle que j'avais rendez-vous ce soir. Où est-elle?
- Elle n'est pas ici. Elle m'a chargé de vous dire de vive voix qu'elle ne voulait plus jamais vous voir. Elle veut se protéger. C'est moi qui vous ai fait venir.
- Pourquoi tout ce mystère?
- Cette mission n'était pas très enthousiasmante. J'ai décidé d'en faire un moment amusant. me dit-elle en éclatant de rire.
- Je suis ravi de vous procurer un tel plaisir, mais j'ai peur de ne pas pouvoir le partager.
- La soirée ne fait que commencer Simon. Ne soyez pas déçu." répliqua-t-elle avant de poser sensuellement ses lèvres rieuses sur le rebord de son verre tout en me dévisageant d'un regard profond.

Le cognac réveillait mes sens et le charme subtil de cette étonnante inconnue faisait doucement son effet.
Je baissai la garde.
 "Qu'attendez-vous de moi à présent?
- Avez-vous apporté la clé Simon?" dit-elle en décroisant lentement les jambes.
A cet instant précis, une voix sensuelle venant de derrière moi vint rompre le silence.
- "Bonsoir Simon."
Je me retournai aussitôt pour voir apparaître Louise, avançant vers moi de sa démarche féline, un large sourire illuminant son visage. Son corps parfait et sa poitrine généreuse étaient magnifiquement mis en valeur par une longue robe échancrée aux épaules et, devant elle ses mains étaient curieusement jointes par deux bracelets aux reflets argentés. Je n'en croyais pas mes yeux.
Je la suivai en la dévorant du regard et alors qu'elle me faisait face, je remarquai à peine qu'Elisa avait disparu.
- "Mon cher Simon, je crois bien que cette coquine d'Elisa vous a joué un vilain tour! Libérez moi et amusons nous, à moins que vous aimiez ce genre de jeu... Nous n'avons que trop attendu."


FIN

vendredi 30 octobre 2009

Le rendez-vous

J'hésitai à dévaler les escaliers pour essayer de rattraper le messager inconnu. J'allais m'élancer à sa poursuite quand je me souvins de l'état dans lequel je me trouvais. Un coup d'oeil dans le miroir de l'entrée me fit en effet apparaître un bien triste spectacle. Sous mes yeux fatigués, une pommette boursouflée ornait mon visage. L'ecchymose avait une drôle de couleur et témoignait du choc encaissé la veille lors de mon éviction musclée. Mon nez, égratigné par quelque surface abrasive, avait également dû saigner généreusement puisque ma chemise blanche était maculée de tâches rouge sombre. Mon pantalon de soirée était déchiré au genou gauche et moucheté d'éclaboussures douteuses. Pour couronner le tout, je ne sentais pas la rose et j'avais mal à un coude.
Aussi, décidai-je de rester sagement chez moi pour me remettre d'aplomb et soigner mes blessures.

Je me penchai donc pour ramasser l'enveloppe.
Elle était plutôt épaisse pour ne pas dire dodue. Je déchirai délicatement le papier kraft pour y découvrir un long foulard de soie noire qui diffusait la fragrance enivrante qui émoustillait mes sens depuis trop longtemps. J'y trouvais également un papier à lettre sur lequel un petit mot était inscrit. Une belle écriture féminine aux courbes déliées avait écrit le message suivant :
"Rendez-vous ce soir 21 heures, 3 place des Archers, 1er étage appartement de droite. Bandez-vous les yeux avec l'accessoire ci-joint puis frappez trois fois. Je serai là. 
Louise.
PS : N'oubliez pas la clé"
Je n'avais pas remarqué la présence d'une clé dans l'enveloppe que je m'empressais de retourner. Un objet métallique ricocha sur le sol. C'était une petite clé argentée dont le format m'était tout à fait inconnu.
J'étais totalement dérouté à l'idée que Louise puisse revenir à la surface de cette manière. Depuis notre unique rencontre, qui avait suffi à me tourner la tête, la belle m'avait toujours évité. Elle qui envoûtait mes nuits, venait mystérieusement jusqu'à moi pour m'attirer à nouveau dans ses filets.
Je me trouvais dans une situation inédite et pour le moins étrange. Bien qu'un peu inquiet, j'étais également impatient et curieux de me livrer à cet étrange petit jeu avec elle. Je voulais la  revoir et découvrir son mystère, quelqu'en soit le prix à payer.
Je me glissai sous la douche brûlante pour reprendre mes esprits et débarrasser mon corps des stigmates de la veille.
Puis je passai le reste de la journée à tourner en rond et à attendre que l'heure du rendez-vous approche enfin. La grande aiguille de l'horloge de la cuisine avait profité de ce long moment pour rivaliser de lenteur avec sa petite soeur. Pendant tout ce temps, j'avais pu m'imaginer toutes sortes de situations pour ce rendez-vous inespéré. A présent que le taxi m'emportait vers la destination indiquée, je priais en silence que seules les plus agréables d'entre elles se réalisent.
Le taxi me déposa devant un immeuble cossu. Le numéro 3 surmontait une imposante porte en bois qui arborait une belle couleur rouge sang. Mon coeur battait la chamade. Je me décidai à pousser la lourde porte cochère. Depuis le hall d'entrée, un magnifique escalier en colimaçon s'enroulait vers les étages supérieurs. Je commençai à monter les marches une à une, en prenant soin de réguler ma respiration déjà malmenée par le stress.
Le premier étage arriva vite et sans hésiter, je tournai à droite pour me trouver face à une porte d'appartement. Sans plus réfléchir, je fouillai ma poche pour en sortir le foulard de soie noire avec lequel je me bandai les yeux.
Je frappai les trois coups et j'attendis. Rien ne se passa. Je ne percevais aucun bruit. J'étais là, ridicule, planté comme un piquet devant cette porte inconnue, et ces secondes d'attente dans le noir complet m'étaient insupportables. J'avais fait une erreur de me rendre ici. Alors que j'allais libérer mes yeux de leur obscurité et rebrousser chemin, un déclic se fit entendre et un long grincement m'indiqua que la porte s'ouvrait lentement.
Un courant d'air frais balaya mon visage et parcourut mon échine avant de pénétrer jusqu'au plus profond de mes entrailles. Puis une main se posa fermement sur mon bras pour m'emporter à l'intérieur...

mardi 13 octobre 2009

L'enveloppe

Je ne sais plus vraiment comment j'avais réussi à rejoindre mon refuge cette nuit là.
J'avais dû traîner ma carcasse meurtrie dans les rues froides de la ville endormie. Des passants attardés avaient sans doute croisé une silhouette fantomatique. J'avais certainement divagué en mode automatique, indigne, le regard vissé au trottoir, rasant les murs, perdant l'équilibre, enlaçant des lampadaires distraits, narguant le caniveau d'assez près jusqu'à embrasser goulûment quelques bouches d'égouts aguicheuses.
Comme par enchantement, je m'étais retrouvé devant la porte de mon appartement.
Contrairement à Louise, mon lit, lui, ne s'était pas dérobé quand il avait vu apparaître mon corps affaibli. Au moment où mes forces m'abandonnaient pour de bon, il m'avait délicatement recueilli. J'avais directement sombré dans les bras de Morphée, comme si l'édredon douillet avait absorbé le moindre de mes souvenirs.
Puis j'avais dormi d'un sommeil agité. J'avais eu chaud et les vêtement que je n'avais pas pris le temps de retirer, entravaient mes mouvements. Mes membres s'étaient empêtrés dans les tissus de ma literie. Mon estomac nauséeux avait maudit mes excès d'alcool. Régulièrement ma bouche desséchée avait réclamé de l'eau et ma tête avait supplié l'étau qui la comprimait de desserrer son étreinte.
Ma nuit fut jalonnée de rêves torturés dans lesquels Louise incarnait le personnage central. Elle faisait preuve à mon égard d'une éprouvante cruauté.
Je me souviens d'une scène où elle apparaissait devant moi, lascive, vêtue d'une tenue raffinée mais pour le moins suggestive. Je me tenais assis sur une chaise inconfortable au beau milieu d'un pièce dénudée elle aussi. Elle me tournait autour dans une sorte de danse envoûtante, voluptueuse et hypnotique. J'étais incapable de la lâcher des yeux tant elle était désirable. Elle semblait si proche et pourtant inaccessible. Alors que mon corps entier et mes mains se tendaient pour tenter d'effleurer son corps parfait, elle m'interdisait ce plaisir d'un violent coup de badine sur les avant bras. Je me recroquevillai de douleur. Elle me jaugeait alors d'un air sévère et dédaigneux avant de me tourner le dos et de disparaître dans son mystère, m'offrant en spectacle le délicieux balancement de ses hanches et la sublime courbe de ses fesses.
Plusieurs fois je m'étais réveillé en sursaut, les poings serrés, dégoulinant de sueur, assoiffé, avant de sombrer vers d'autres supplices frustrants que la belle m'infligeait.
Tard dans la matinée une envie pressante me tira de mes songes malsains. Je m'arrachai de mon lit et je me traînai jusqu'aux toilettes où je me soulageai abondamment.
Alors que j'engloutissais une demi bouteille d'eau fraîche pour étancher ma soif et avaler un Doliprane 1000 dans la cuisine, j'entendis du bruit derrière la porte d'entrée. Aussitôt le tintement de la sonnette carillonna dans le silence environnant.
Je restai immobile et silencieux, ne donnant aucun signe de vie. Je n'attendais personne.
Je portais toujours mes habits de la veille qui, comme moi, n'étaient plus d'une grande fraîcheur. Aussi hésitai-je à ouvrir ma porte. Je me décidai finalement à zieuter en douce le visiteur surprise par le judas. Alors que j'approchais mon visage de la porte, une odeur fétide m'agressa soudain les narines. Il me fallut quelques instants pour me rendre à l'évidence que mon haleine n'avait rien à envier à celle d'un cheval malade. Je retins donc mon souffle et j'écarquillai les yeux pour voir qui me rendait visite.
A mon grand étonnement, la lumière du palier éclairait un petit chien apeuré assis sur ses pattes arrières. Je me frottai les yeux pour me les remettre en face des trous et regardai à nouveau par l'œilleton. Le noir complet avait repris possession des lieux. Saloperie de minuterie!
Sans plus réfléchir je décidai d'ouvrir la porte. Le chien avait disparu.
Une enveloppe m'attendait sur le paillasson. Dans l'air flottait un doux parfum qui ne m'était pas inconnu...

lundi 21 septembre 2009

En attendant Louise

Cela faisait déjà quelques mois que nos chemins s'étaient croisés. Nous n'avions fait que nous effleurer, une seule fois. Depuis tout ce temps, je n'avais pensé qu'à elle.
Quand j'avais accepté l'invitation, le souvenir de son parfum enivrant était aussitôt venu réveiller mes sens. Je savais qu'elle viendrait.
Avachi dans ce caniveau, reniflant à plein nez la pisse des autres et mes propres effluves écoeurantes, je commençais à avoir quelques doutes...
Le costume seyant que j'avais enfilé quelques heures auparavant n'avait plus la même tenue. Moi non plus d'ailleurs.

Je m'étais donc rendu à cette soirée avec pour seul espoir d'y retrouver Louise.
Tandis que je guettais son arrivée, je m'efforçais de faire bonne figure. Mes verres se remplissaient à mesure que je les vidais. Je laissais couler, incapable de contrôler ce flux incessant. Mais à mon désespoir, la charmante Louise ne venait pas.

Peu à peu, les bulles réchauffaient mes joues, déliaient ma langue et réjouissaient mes neurones.
Finalement, tout allait plutôt bien. J'étais occupé à paraître. Je parlais fort, riais à gorge déployée, souriais alentour, grignotais poliment, monopolisais l'attention, brillais, bref je faisais le beau. Si seulement Louise pouvait admirer le spectacle.

La soirée avançait et mes yeux s'égaraient peu à peu vers les formes que les invitées suggéraient à mon regard. Les robes frôlaient les courbes, les bouches s'entrouvraient, les joues s'empourpraient, les jambes s'élançaient, les cheveux caressaient les épaules, les nuques frissonnaient, les boucles d'oreilles pinçaient des lobes sans défense et les décolletés plongeaient sur de délicieuses promesses. Certaines femmes jouaient de leurs charmes sans retenue, d'autres paraissaient plus délicates et inaccessibles. Mon imagination faisait le reste. L'alcool et les rondeurs m'émoustillaient.

Louise ne viendrait pas. Mes propos perdaient de leur légèreté et de leur finesse. Je m'égarais.
Cela devait commencer à se voir et certains regards qui m'étaient destinés avaient perdu de leur sympathie et témoignaient d'un début d'agacement. L'assistance n'était plus sous le charme. Je m'en voulais et maudissais l'absence de Louise. Je déambulais bientôt d'un groupe à l'autre livrant à haute voix mes pensées les moins avouables. Mon attitude devenait inconvenante mais je ne m'en souciais guère. J'avais lâché prise et naviguais seul dans un autre ailleurs.
Aussi, quand la maîtresse de maison s'approcha de moi pour me glisser à l'oreille qu'il fallait songer à me faire plus discret, je réagis fort mal. Mon orgueil était touché et je décidai de quitter les lieux. C'est en titubant que je saluai la dame en la traitant de vieille salope mal baisée, criant ma rage et ma frustration aux convives médusés.

Son charmant mari me raccompagna à l'extérieur d'une main ferme avant de me congédier d'un uppercut massif qui mit un terme à cette triste soirée.
Je me trouvai seul et meurtri, vomissant mes excès sur la chaussée humide et malodorante.
Le visage de Louise me revint soudain à l'esprit.
A cet instant précis, le souvenir de son parfum avait une toute autre saveur...

lundi 7 septembre 2009

Fichu pour fichu

Ma fille est en grande section de maternelle. Elle a les cheveux coupés au carré. Elle porte très souvent un fichu pour maîtriser sa jolie tignasse. C'est très pratique.

Le matin de la rentrée elle me dit que les fichus sont interdits avec sa maîtresse. Dans la précipitation du moment j'entends sa remarque d'une oreille distraite, occupé que je suis à vérifier que tout le monde est prêt pour le grand jour. Je n'ai évidemment pas le temps d'imaginer une autre coiffure pour la miss... Je fourre la clique dans la voiture direction l'école où tout se passe comme sur des roulettes. Je redescends enfin en température après le détour par la crèche.
Ce soir ma femme me confirme que la maîtresse ne veut pas de fichu sur les têtes des petites filles. Ben oui, c'est parce qu'elle ne voit pas leurs cheveux! C'est vrai qu'ils sont beaux mais c'est un peu léger comme explication... D'ailleurs, elle doit faire une fixette car elle n'aime pas non plus que les garçons mettent du gel. On pourrait parler d'une obssession quasi permanente...
Bref, ma femme cherche à comprendre, questionne. On arrive enfin à l'explication : "Nous sommes dans une école laïque et les fichus ressemblent aux foulards islamiques". Or, les symboles distinctifs religieux sont interdits à l'école depuis 2004.
Je tombe des nues. Je ne suis pas fortiche en religion mais je ne connais pas bien celle dont le signe ostentatoire d'appartenance est le fichu " Papa pique et maman coud" . La maîtresse, elle, ne voit pas bien la nuance.
Manifestement on est en plein délire. La dame est un peu rigide mais là on frôle la catalepsie. Et l'argument complémentaire "les casquettes sont bien interdites" ne m'arrache qu'un sourire désabusé. Aucun rapport.
Bon elle doit savoir qu'elle est un peu"border line" sur l'affaire car elle n'interdit pas formellement de porter cet accessoire. Elle insiste juste très fortement pour que les fillettes n'en mettent pas. Pour le coup on est dans la nuance.
J'ai bien envie faire monter la sauce en local et de lui défriser son brushing mais je vais m'en garder pour préserver ma fille d'éventuels dégâts collatéraux.
Du coup, elle autorise les bandeaux. J'espère qu'elle aime bien John RAMBO...

Une bien belle histoire de la vraie vie, un poil tirée par les cheveux n'est-ce pas?

samedi 29 août 2009

Monsieur connard à l'hôpital

Hôpital de jour. Retour dans la chambre. Ma petite fille dort à poings fermés encore sous l'effet de l'anesthésie.
Dans le lit d'à côté, une jolie petite fille d'environ 5 ans se réveille. Seule. Elle a de beaux cheveux noirs et des yeux presque aussi sombres.
Elle et ma fille viennent de passer le même examen.
Nous attendons un quart d'heure. Sa mère arrive enfin dans un grand fracas vocal. Dans son sillage elle traîne Franz. Franz c'est la trentaine, une sorte de "moustache bouc" du plus bel effet, des cheveux ras ornementés de lunettes de soleil, un pantalon de treillis, une polaire marron (c'est l'été en Bretagne...), un regard dur sans rien derrière. Bref le genre pas commode, limite mauvais. Difficile de faire le lien entre lui et sa fille.
Le mec parle aussi fort que sa copine. Juste à côté, ma fille dort.
Le médecin arrive relax pour expliquer que les résultats de l'examen ne sont pas inquiétants. Franz lui pose des questions sur un mode agressif. Franz s'énerve car les réponses du médecin semblent ne pas correspondre à ce qu'il aurait souhaité entendre. Franz a dû faire des recherches approfondies sur le Net... Et Franz est du genre à taper quand il est en désaccord.
Le médecin s'en va en rappelant qu'il faut attendre un peu avant que la fillette mange et puisse sortir.
Mais ça ne convient pas à Franz qui est très pressé de partir. La fillette a faim et veut du gâteau au chocolat que sa mère vient d'aller acheter à la cafétéria. Elle lui en donne une part.
L'infirmière arrive avec le goûter et constate impuissante que la fillette arbore un beau sourire chocolaté.
De son côté, Franz est au taquet. Il fait les 100 pas entre le couloir et la chambre attendant que sa fille mange. Mais ça n'avance pas assez vite à son goût! La mère sous pression engueule sa fille en lui fourrant des cuillèrées de petit suisse dans le gosier. Le père va et vient en mode psychopathe, répond au téléphone, claque des doigts, tape du pied pour montrer son impatience.
La mère lève la fillette et constate qu'elle titube. Elle annonce à Franz : "Tu vas devoir y aller tout seul Franz".
Franz arrive ausssitôt le regard noir : "C'est du chiqué ça! On est des costauds dans la famille! Allez mets tes chaussures". Ben ouais c'est vrai quoi! Quand il a fallu endormir Franz pour opérer sa hernie, on a dû lui mettre double dose...
La petite elle, est encore dans le cirage.
Nous assistons à la scène, estomaqués. Je rêve d'aller défoncer le crâne vide de Franz. Mais je ne suis pas courageux.
Pour passer le temps, Franz est parti traquer l'infirmière pour qu'elle les autorise à mettre les voiles. Mais elle est occupée. Du coup la mère décide d'arracher les électrodes de contrôle du torse de sa fille.
Ça gueule encore un peu. Notre fille se réveille.
Rien à foutre. D'ailleurs on se casse, on est seuls au monde, sûrs de nous, ignorant la masse de connerie dont nous irradions notre entourage.
Une pensée pour cette petite fille qui va devoir grandir avec ses abrutis de parents.

Si un jour le monsieur passe lui aussi une IRM, pas évident qu'on puisse y voir autre chose que sa connerie. Tiens, j'imagine sans peine le constat du radiologue : "Plus con tu meurs!"

PS : Au fait, tout va bien, merci.

mardi 7 juillet 2009

Adele - Hometown Glory

Adele - Hometown Glory (HQ)

Adele : Hometown Glory (2008)

lundi 15 juin 2009

Week-end saucisse à Paris

Aéroport de Quimper, départ pour Paris.
Ici tout est riquiqui : le parking, l'aérogare, la file et le temps d'attente pour l'enregistrement, la salle d'embarquement, et c'est très agréable. L'avion lui même n'est pas bien grand. C'est un Canadair. D'habitude ils font des avions pour éteindre les incendies. C'est amusant mais ce matin là il pleut...
Je grimpe les quelques marches de l'escalier pour monter dans ce petit appareil, sorte de mini "saucisse volante". Tout le contraire de l'hôtesse qui me souhaite la bienvenue à l'entrée. Dans le couloir, je baisse la tête pour éviter de caresser le plafond qui est aussi bas à l'intérieur qu'à l'extérieur (météo oblige) et je m'insère dans mon siège côté fenêtre. Ce coucou m'offre un nid douillet! Le vol se déroule tranquillement. Atterrissage en douceur dans un style épuré (quoi de plus normal pour une saucisse volante, hum hum).
Plus tard, je retrouve mon petit frère qui m'a offert une place pour le concert d'AC/DC. Nous nous rendons ensemble au Stade de France via le RER B. Le trafic est perturbé à cause d'une
grève. Le train semble déjà être à saturation quand nous entrons avec difficulté dans la rame. Mais je sous estime la capacité d'ingurgitation de l'engin. A chaque arrêt il en grimpe plus qu'il n'en sort. Très vite je n'ai plus besoin de me tenir, mes voisins directs amortissent les à coups de conduite. Nous sommes imbriqués les uns dans les autres, nous formons un tout en mouvement version compression de César. Je lévite ou plutôt je dérive dans quelques mètres carrés au gré des va et vient. Je suis plus comprimé qu'une Knacki dans un paquet de 10. Comme elle, je baigne rapidement dans mon jus. La chaleur est étouffante, il n'y a pas d'air. Dans ce chair à chair, de délicates effluves s'entremêlent : "S'il vous plait Mr, baissez les bras" demande fermement une dame black à un "congénère". Lequel a pénétré dans le wagon à grands coups de boutoir et est venu incruster ses aisselles sous les délicates narines de la dame. Il s'exécute avec difficulté, prenant la chose avec humour.
Ça s'engueule et ça pousse un peu plus à chaque arrêt. Je ne suis pas loin de la crise "d'agoraclaustrophobie" et j'envisage de me tirer de ce parc à bestiaux avant notre destination finale. Partir en courant me semble être la meilleure alternative pour me rendre au concert d'AC/DC. Mais je continue (1).
La tension monte et je serre les dents pour rester dans l'ambiance.
La rame finit enfin par vomir son trop plein de matière humaine malaxée et nous expulse sur le quai dégoulinant de sueur.
Petite pensée au passage pour celles et ceux qui subissent cela au quotidien.
Pour me remettre de mes émotions et parce que mon estomac a retrouvé sa forme naturelle, je m'offre un sandwich... saucisse. Ainsi rassasié je me hisse aussitôt au sommet du stade où je profite du concert avec le brother qui arbore un magnifique tee-shirt collector du groupe. Angus Young est au taquet et fait corps avec sa Gibson SG. Le son laisse un peu à désirer mais le moment est unique. Dans le métro pour le retour les gens se causent et l'ambiance est carrément bon enfant. Extra!
Lendemain, ballade autour des Halles, trattoria italienne, expo Kandinski. Un moment de culture (choisi celui là) avec des couleurs magnifiques et des formes en veux-tu en voilà. J'adore! Je corrigerais juste un des crédos du peintre : "Le cercle est la forme qui tend le plus vers la quatrième dimension", mais le moyen le plus sûr de s'y rendre est encore le RER. Bref.
Soirée chez un cousin qui gère un château pour séminaire de luxe dans la Brie. Grande classe, vie de château, champagne, saucisson, grands crus, côte de boeuf, saucisses (eh oui!), débats d'idées, puis petit dodo dans des draps douillets. Demain c'est dimanche.
Le train matinal nous ramène à Paris fatigués. Petit déjeuner puis déambulations le long du canal Saint Martin. Mon frère réalise que le verbe écluser a plusieurs significations! Nous enfourchons ensuite des Vélibs pour une tranquille ballade le long de la Seine.
Pasta au pesto et puis basta, retour au bercail en saucisse volante.

La belle vie quoi!

(1) Le nom « AC/DC » viendrait d'une suggestion de Margaret Young, la sœur d'Angus et de Malcolm, qui a vu ce sigle au dos d'une machine à coudre de marque Singer. AC/DC est le sigle pour alternating current/direct current, soit, en français, « courant alternatif/courant continu ».
Wikipédia

lundi 18 mai 2009

La maîtresse à Léo!

Mon fiston est en classe de CP. En plus du foot à la récré, des collages, des cartes Pokémon, du cinéma et de la relaxation, il fait parfois des maths et il apprend aussi à lire et à écrire. Un programme très classique et dense auquel le père attentionné que je suis prête parfois un oeil... Hier ma femme m'a fait lire la première page de son cahier du soir écrite de la main de sa maîtresse. Je me fais un plaisir de la partager avec vous : "Cahier du soir à Léo"!!!
Gloups, on pense à une étourderie. Laquelle décore de la même façon les cahiers du soir des autres enfants de la classe... Rien de bien grave me direz-vous, mais on se pose quand même quelques questions sur le reste de l'enseignement après une pareille découverte. 
Cette faute de français est en fait une faute courante en Bretagne où l'on dit souvent : "C'est le vélo à Gweltaz". Gweltaz étant un prénom à la mode chez les adeptes de l'école made in Breizh. Ou encore "C'est la bière à Fanch que c'est quoi hein", mais aussi "Qui c'est qu'a piqué le biniou à Lanig?"
Pour les amateurs d'expressions bien de chez nous, je vous invite à lire ce florilège
Des "à" à la place des "de" en veux-tu en voilà! Un détail sans doute mais un doute m'habite quand j'entends poindre à mes oreilles un air musical d'une rare fraîcheur :  "C'est la bite à Dudule!". J'essaye de fredonner la chanson en remplaçant le "à" par un "de" et "C'est la bite de Dudule!" mais ça ne sonne pas comme il faut.
Bref, chez nous on bricole pas mal et on met aussi des "à" à la place des "chez" : "Je suis allé au coiffeur", ou encore : "Demain, je vais au dentiste"la classe.
Bon nous sommes d'accord, la langue française est propice aux fautes et aux dérapages mais sur des basiques type CP il faut être un poil exigeant tout de même. 
Je suis donc décidé à faire part de cette déconvenue à la maîtresse de Léo, au moins pour qu'elle épargne ses futurs élèves (j'ai deux autres enfants à lui confier). Ne sachant pas trop comment m'y prendre pour aborder le sujet avec elle, j'ai choisi la solution de la lettre "à nonyme".
Pour qu'elle améliore son français et ne pas être chien avec elle, je lui laisserai également le dictionnaire de "Lassie nomyme".

dimanche 3 mai 2009

Agriculture raisonnée et commerce inéquitable


Depuis quelque temps ma femme est devenue une adepte du bio. Ma dernière loustiquette est élevée au bio et j'approuve. Aussi suis-je inquiet pour le développement durable de mes deux aînés qui, bien qu'ayant été choyés, ont dû ingurgiter de la molécule de synthèse!
Sans être accro au bio, j'aime l'idée de manger sain. Et ce qui est bon pour l'homme, l'est également pour notre planète.
Ce que j'ai du mal à digérer ce sont les prix intensifs pratiqués dans le domaine, notamment par la grande distribution. 
Je m'explique. Il y a quelques jours, prix de la pomme golden non bio avec traitement 1,50€ le kilo. La même en bio dans la même enseigne : 3,50€ le kilo! Plus 233 % !! Une précision pour les petits malins qui pensent avoir trouvé l'explication : le kilo bio pèse bien le même poids que le kilo non bio... Écart identique avec des poires cet hiver. Vertiges des prix de l'agriculuture bio...
Ok, je comprends, c'est plus cher à produire parce qu'il y a plus d'exposition aux risques et que les rendements sont moins bons, naturellement. 
Ah oui j'oubliais, l'enseigne chez qui je fais mes courses emballe sévère, le bio notamment.
Une question : Est-ce l'emballage carton+film plastique qui augmente singulièrement le prix au kilo des golden bio ou c'est juste pour justifier leur prix qu'ils se sentent obligés de soigner leur emballage anti développement durable? Ils vendent aussi de magnifiques choux fleurs bio sous plastique+carton. Nota bene : Ils sont comestibles à condition d'enlever le film plastique et le carton! Non je sais, ils sont tellement précautionneux qu'ils protègent les fruits et légumes bio pour éviter qu'ils ne soient contaminés chimiquement par leurs petits voisins de présentoir traités à haute dose! 
Autre point d'insatisfaction. Quand tu as payé tes golden bio à prix d'or, tu t'attends à une explosion au niveau des papilles gustatives. Et bien zéro, nada, que dalle, pépin. 
Il faudrait donc manger des fruits et des légumes de saison et si possible en privilégiant les circuits courts et les producteurs locaux. Pas simple pour les ananas!
En tout cas, chez Carouf, ça raque fort et mon pouvoir d'achat se biodégrade! Dans les coop bio et autres magasins un brin spécialisés, manger sain n'est pas à la portée de toutes les bourses. Lesquelles se rabougrissent en ces temps de crise.
Ça me fait penser à un slogan : "Manger moins mais manger sain". Je veux bien mais quand tu a envie de manger une poire, tu n'en manges pas qu'une moitié sous prétexte qu'elle est bio et qu'elle coûte deux fois plus cher qu'une non bio, enfin!
Pour ce qui est des effets du bio sur la santé et les performances je suis plus circonspect, preuve à l'appui. Mon ami Christophe se nourrit plus bio que moi. Il court aussi le 10 km 10% plus vite que moi. Morale de l'histoire : l'homme bio nique l'homme non bio. Et en plus il fume alors que j'ai arrêté. Ça doit être des clopes au tabac bio (intéressant le concept des clopes bio, isn't it?)!
La logique écologique est parfois surprenante : La nature a payé le prix fort le développement de l'agriculture intensive. Certaines de nos plages et rivières bretonnes en portent les stigmates (nos viscères aussi?). Aujourd'hui elle nous rend généreusement la monnaie de notre pièce. Et dire que c'est Carouf qui la venge et s'engraisse en nous faisant payer une fortune des produits 100 % naturels! Mais quand le vers est dans le fruit...

Pour résumer, manger bio est une problématique de nantis, les distributeurs en profitent en se sucrant abondemment les amygdales(1) au passage. Ainsi va la vie!

(1) Expression familliale dont le sens ne vous aura pas échappé.

mercredi 15 avril 2009

Jéhovah de retro, le retour!


Tiens c'est amusant, ce matin j'étais en mode "bricolage peinture", et devinez qui a sonné à la porte?  
Les envoyées de Dieu en personne version témoins de Jéhovah!!! Le retour! Déjà la dernière fois, elles m'avaient dérangé en plein travail, outillage à la main.  
Cette fois ci, à la différence, je n'ai rien vu venir. Une sorte d'apparition divine. Les dingues indévergondables "donguent" donc à la porte. Je me précipite, manque d'envoyer valdinguer le bac de peinture, et j'ouvre ma demeure en maculant la poignée de gris. Surprise, c'est encore nous!!!! Je pige aussitôt. Cette fois elles sont trois. L'une d'elles sonne (sur la porte il y a marqué : Ne pas sonner...) pendant que les deux autres sont en repli et font le guet dans la rue. Et c'est parti pour un tour de : "Je suis chrétienne, ..." et patati et patata vas y que je te régurgite du Jésus Christ par versets entiers, à l'endroit, à l'envers, en Coran et encore. Mais comment dire, euh, le verset m'allergise. Elles ne savent pas que le maître des lieux, dans sa prime jeunesse, a refusé de faire sa communion! Celui qu'on n'avait pas cru si fier fixe une fin de non recevoir à Jésus et ses apôtres...
Je reprends donc. Opposition de style sans hostilité. Je n'aime pas la violence, d'ailleurs je n'uppercute pas trop. La grenouille de bénitier, elle, ne se gêne pas et enchaîne directement pour m'infliger le coup de grâce : "Pensez-vous que nous soyons prédestinés?" Punaise, elle m'a bien regardé mal rasé dans mes guenilles d'ouvrier du dimanche? Mon cerveau est au ralenti, anémié, et je suis contre les transfusions qu'on se le dise... Et puis la réflexion philosophique version catho c'est pas mon truc. Un peu plus elle va me demander de venir refaire les fresques de la chapelle paroissiale avec mes gros pinceaux, non mais des fois! J'espère pour elle qu'elle trouvera des interlocuteurs plus disponibles et vifs d'esprit pour débattre de la prédestination et autres considérations bibliques. Je décline donc mais elle veut quand même me refourguer son opuscule intitulé "La tour de garde". J'ai tellement les jetons qu'aussitôt je baisse la mienne (de garde) et fais demi tour, congédiant fermement les prêtresses ambulantes.
Tel Le Caravage, je retourne à mon oeuvre, décorant mes murs dans les bas fonds de la vie laïque.
Elles repartent, laissant l'athée au Ripolin, jurer qu'il ne peut plus voir ces dames en peinture...
Ce soir, c'est décidé, je boirai benoîtement une bonne seize (cent soixante quatre) bien fraîche à la santé de ces évangélisatrices bénévoles, dont je me passerai des services même le jour de ma mise en bière...

Dictons ou théories (polin) du jour :
"Tant Jéhovah la cruche à l'eau qu'à la fin elle me les brise". 
"Une fois ça va, deux fois ça Jéhovah pas du tout, trois fois..."
J'arrête là!

Illustration empruntée chez Mojito

 

mardi 31 mars 2009

Marseille, le Vieux Port et la Mer

Je suis dans l'avion du retour.
Je ferme les yeux et j'entends les conversations qui s'entremêlent. Je passe de l'une à l'autre, j'en attrape des bribes. A peine ai-je le temps de suivre le fil d'une d'entre elles que je me laisse aussitôt embarquer par d'autres effluves acoustiques plus attirantes. Mon esprit divague, comme à la dérive. Je me laisse bercer par le rythme et la variété de ce mélange sonore. C'est agréable.
Tiens c'est comme à Marseille. Ce qui m'a plu là bas (je passe sur la pluie... un vrai temps de breton!) c'est ce "melting-pot" culturel. J'ai adoré déambuler dans cette ville et pouvoir passer d'un monde à l'autre en l'espace de deux ou trois rues, sans véritable rupture. Il y a dans cette ville un brassage et une imbrication de cultures qui s'assemblent harmonieusement.
D'abord le "Souk" bruyant, sale, coloré  et bordéliquement organisé où l'ambiance et les odeurs vous transportent ailleurs, loin, vers d'autres rives méditerranéennes. Cette ville désoriente l'occidental. Je me promène encore, je m'enfonce, je m'éloigne, je me sens partir, je me laisse aller, gagné par ces délicieux relents "afros-orientaux". Ça discute, ça se touche, ça négocie, je ne comprends rien, ça clope sur clope comme au bon vieux temps, ça s'époumone... Taxiphones, salons de beauté afro, coiffeurs et barbiers, boucheries où s'exposent des kilos de viande, boutiques de tissus, vendeurs de babioles, de fruits et légumes, épiceries, pâtisseries tunisiennes, tout cela se jouxte, parfois même se superpose, pour mon plus grand bonheur. J'aime cette fusion des univers où l'on sent la vie, simplement.
Puis, avec un certaine douceur, on revient au calme feutré de boutiques plus chics dont les devantures impeccables et millimétrées répondent aux codes aseptisés de nos riches économies. Les ruelles étroites s'embourgeoisent pour devenir des avenues, jamais prétentieuses. Là, tout est calculé, rien ne dépasse, c'est beau, c'est propre mais ça ne sent rien et c'est un peuchère (désolé, je n'ai pas pu m'empêcher!). Pour un peu ça foutrait les boules tout ce rêve en sachet. De la poudre aux yeux!
Étonnamment, les deux univers cohabitent sans cloisonnement apparent. Je n'aime pas l'un plus que l'autre, ce que j'aime c'est cet amalgame qui a fait et fera sans doute la richesse de cette ville généreuse et authentique.
Le Vieux Port et la Mer. Une belle ouverture sur le monde en guise de conclusion, non?
Je me dis que si la mer a toujours éloigné les marins de leurs ports, elle a aussi permis aux civilisations de se rapprocher et d'échanger. A Marseille on peut vivre cette diversité.

PS: Spéciale dédicace à la Rascasse from Mars et à mes deux adorables conseillers locaux!

vendredi 20 mars 2009

Mr Météo travaille à la banque


Hier soir, je rentre du travail dans mon costume de pingouin. Non pas que je travaille désormais comme figurant pour le prochain Pixar au pôle Nord. Je porte juste un costume cravate sombre et classique dans lequel on se trouve parfois un peu engoncé, comme un pingouin

Tous les enfants du quartier sont dehors, jouant au foot, sautant à la corde, dévalant l'impasse sur leur vélo, pour profiter de ce magnifique début de  printemps. Je me gare devant chez moi, je sors de ma voiture et je dis coucou à la petite voisine, trottinette en main et casquée de travers. Elle me regarde de la même façon et me dit du haut de ses 6 ans :
Elle :  "Pourquoi t'es bien habillé avec une cravate?" 
Moi : "Et bien je.... C'est pour mon travail, je suis un peu obligé d'être bien habillé". Je n'ai pas le temps de lui expliquer qu'une fois on a osé me faire une remarque parce que je ne portais pas de cravate et que certains de mes clients pouvaient penser que je leur manquais de respect...
Elle : "Ah bon, tu présentes la météo c'est ça?"
Moi : ".....!!!!?????" Je suis resté comme deux ronds de flanc, bouche bée, puis j'ai ri, pas autant que j'aurais voulu pour ne pas qu'elle croit que je me moque d'elle. 
J'ai fini par m'Alain Gillot dépêtrer (bof bof)
Moi : "Non je travaille dans une banque" J'ai bien vu que ça ne la faisait pas autant rêver que le type de la météo...
Elle : "C'est joli comme pour un mariage"
Je me suis trouvé con et j'ai ri à nouveau. Je lui ai dit que je prêterais une cravate à son papa, puis je suis vite rentré me changer pour profiter tranquillement de cette belle fin de journée, à l'aise.

J'ai adoré cet échange et les questions spontanées d'une enfant qui s'interroge sur la vie des grands et sur la signification de leurs codes vestimentaires, un peu dépassés je vous l'accorde.
Ah au fait, il fera beau demain!

jeudi 26 février 2009

Afin d’avoir ou avoir faim

Lorsque Yann m’a sollicité pour aider les Restos du Coeur, je n’ai pas bien vu ce que je pouvais écrire. L'enfoiré que je suis a même failli abandonner.

Et puis je me suis imaginé moins bien loti, manquant de l’essentiel pour nourrir ma famille. Un frigo vide et rien dans le garde-manger. Je me suis vu, fatigué, les yeux dans les godasses, du vent dans les poches, un sac plastique à la main devant la porte des Restos, dans le froid et les courants d'air. Pas assez d'argent pour subvenir seul à ce besoin primaire. Et mes enfants qui ont faim. Alors j'ai ravalé ma fierté, puis j'ai tendu la main. La porte s'est ouverte et un sourire m'a accueilli...

Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais connu la faim. Elle ne s’est jamais inivitée chez moi. Bien sûr je l'ai souvent aperçue à la télé mais elle n’a jamais crevé la dalle de mon plasma. Et même à l'écran je n‘ai jamais osé la regarder en face. Chaque semaine je dépense égoïstement mes sous en remplissant mon caddie de choses qui ont l’air bonnes. C’est rassurant l’opulence. J’achète afin d’avoir, bref je consomme pendant que d’autres ont faim et consument leurs quelques calories. Parfois même je jette.

Alors que ceux qui fabriquent comme Danone ou vendent comme Carrefour se donnent ensuite bonne conscience et redorent leur image en aidant les Restos du Cœur ne me choque pas. C’est la loi du marché à défaut d'être un marché de bon aloi... Mais ce soir cela m’énerve. Et puis sur l’étal de la générosité, je préfère les initiatives plus discrètes, les petites choses anodines... Zidane. Emblème de la marque... Enfin, c’est connu, chez Danone, ils sont bons « Prince ». Mais j’ai une transaction de retard, c’est une histoire déjà Lu(e).

Désolé Yann, je n’ai pas respecté le jeu à la lettre. Mais pas question que je ne dONNE naDA à cette belle association. Je ferai ce que je peux de mon côté pour me rattraper. Je vous invite donc à faire de même, pour que les gondoles de la banque alimentaire des Restos du Coeur, à défaut de rappeler Venise et ses richesses, ne ressemblent jamais à celle d’un triste « Darfour Market »…  

jeudi 19 février 2009

Beignets, chocottes et autres histoires de gaufres


Cet après midi nous avons fait des beignets aux pommes! Et oui quand tu as des vacances, de l'imagination et que les sports d'hiver c'est carrément ton truc mais cette année c'est pas le moment, il ne te reste plus qu'à cuisiner. Hier soir je me suis fendu d'une blanquette version "Perret Gourmand": extra! Et aujourd'hui, pour le goûter, de délicieux beignets aux pommes. J'en mangerais des pleins caddies. 
Voici la recette pour 4 à 6 personnes :
  • Quatre belles pommes. Des Golden c'est impeccable.
Pâte à beignet : 
  • 4 cuill. à soupe de farine
  • 1 cuill. à café de fécule (remplacer par Sauceline ou Maïzena)
  • 2 cuill. à soupe d'huile
  • 1/2 verre d'eau
  • 1 pincée de sel
  • 1 oeuf
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 cuill à café de levure chimique
Mélangez le tout délicatement, puis laissez reposer une heure environ.
Coupez les pommes en tranches après les avoir épluchées et "détrognonées".
Reste ensuite à plonger les rondelles ainsi obtenues pour les enduire de pâte.
Puis direction la friteuse pour le bain d'huile!
Sortir les beignets lorsqu'ils ont une belle couleur dorée.
Sucrez à volonté et régalez vous!
Pour l'élimination du gras éventuellement stocké, bougez-vous les fesses!

Une seule fois j'ai failli laisser ma part. Ceux qui me connaissent très bien, parce qu'ils étaient à côté de moi sur le canapé par une lugubre soirée d'hiver, le savent. Bande de trouillards!
En fait nous étions 4 et nous regardions le film Shining, à moitié terrorisés. Ce soir là, personne ne voulait quitter son voisin pour aller, seul, sortir les beignets de la friteuse dans la cuisine. Trouille de se faire sauter dessus par un dangereux psychopathe à la Jack NicholsonRedrumredrumredrumredrumredrumredrumredrumredrumredrum...
Voilà pour les souvenirs.
Houla, j'oubliais! L'après midi aurait pu se terminer en soirée gaufre puisque mon fiston a ensuite décidé de faire du skate, vous savez le skateboard Spiderman, celui avec lequel tu ne roules pas mais tu peux voler. Et bien ça y est, ça a pris du temps mais à présent il sait voler. Bon, je ne vous apprends rien : le plus dur c'est pas la chute, c'est l'atterrissage... Donc première grosse gamelle avec du sang, du nez râpé et une dent dedans! A priori on ne s'en sort pas trop mal! Merci au voisin qui a récupéré la dent sur la route, la petite souris pourra opérer tranquilos! Enfin ça c'est une autre histoire...

mardi 3 février 2009

Les voyages forment la jeunesse...

Je me souviens d'un voyage d'étude au Pays où les gens conduisent à gauche. Pour ceux qui suivent, ça doit se passer à l'époque du pantalon écossais...
Un départ sous la pluie. A l'arrière de la voiture familiale mon frère et mes soeurs se sont comprimés pour accompagner leur aîné.
Nous arrivons à  Roscoff et ses façades de pierres grises. Mon regard se perd sur le paysage austère qu'offre à la mer cette ville portuaire. Sa gare maritime apparaît sous un ciel sombre, comme chargé d'angoisse. Le vent souffle fort. C'est l'été...
Mes yeux sont déjà un peu humides. Je m'acclimate, semble-til. Premier spleen. 
J'aperçois la silhouette massive du Ferry qui, dans quelques instants, m'emportera loin de chez moi pendant trois semaines. Un flot ininterrompu de voitures pénètre ses entrailles. Ce monstre de métal semble les digérer aussitôt et crache par ses cheminées une fumée si noire que le gris du ciel semble s'éclaircir. Pas vraiment rassurant.

Mes parents souhaitent que je dépasse le stade :  "Where is Brian? Brian is in the kitchen!". J'ai de la chance mais sur le moment, j'ai bien du mal à m'en persuader. J'ai plutôt l'impression d'aller au casse pipe sur une mer déchaînée. "Ce n'est rien, mon coco, il faut juste traverser le Channel!" Je dois me débrouiller comme un manche pour que l'on m'oblige à la traverser dans ces conditions... 
Alors que je récupère mes affaires dans le coffre de la voiture, je ne peux retenir mes larmes plus longtemps et j'éclate en sanglots. Mes cuisses de grenouille ne parviennent pas à soutenir le poids de mes tourments. Le frère aîné perd un peu de sa superbe.  
Ce trop plein une fois libéré, je rejoins le groupe de jeunes gens de bonne famille avec lesquels je vais séjourner. J'essaie de faire bonne figure. 
Enfin, le bateau s'éloigne laissant la triste ville et ses pâles lumières s'éteindre rapidement dans la nuit tombante. Je vogue vers de nouvelles aventures, le vague à l'âme. Dans le sillage bouillonnant s'envole l'écume de mes jours d'insouciance.
Je suis secoué mais la séparation est faite et je reprends pied petit à petit malgré la tempête au milieu d'une équipe de jeunes ados où cela fanfaronne dur pour masquer les émotions. J'observe ça et là les dégueulis qui égayent la moquette bleue délavée du navire. Résidus d'angoisse à l'odeur tenace. Une drôle de crème anglaise avec des morceaux dedans... Je suis heureux de n'avoir pas succombé au mal de mer. J'ai le pied marin, c'est déjà ça!
En parlant de crème anglaise, une anecdote me revient. Je loge chez Mr and Mrs Reginal JORDAN, sympathiques citoyens britanniques qui ne partagent pas le repas du soir avec moi... Je mange donc seul devant la télé. Un soir, après une énième plâtrée de beans, j'hérite en guise de dessert d'une volumineuse coupe de jelly goût banane. Je goûte. Ce n'est pas mauvais du tout. Je regoûte et retrouve soudain tous mes esprits : c'est terriblement écoeurant! Je n'insiste pas sur la consistance, ni sur la couleur spermique du mélange... Je n'en peux plus. Que faire? Je ne suis pas assez courageux pour dire à la petite dame que sa spécialité est tout simplement dégueulasse et trop honnête pour lui raconter un bobard sur la fragilité de mon estomac. Mais je suis rusé... En un clin d'oeil je superpose trois kleenex sur la table et dans un élan d'inconscience j'y verse l'infâme contenu. Je referme le tout tant bien que mal et glisse prestement le paquet mou dans ma poche. Direction les toilettes. Je passe l'air de rien devant la cuisine où s'affaire mon hôte. Ma démarche doit manquer de naturel, gêné que je suis pas cette protubérance qui menace d'exploser à tout moment. Mais, j'arrive sans encombre aux Water-closets situés à l'étage. J'extirpe délicatement la chrysalide de ma poche. Elle est miraculeusement intacte! Je la jette à l'eau, je tire la chasse et la vois disparaître dans un tourbillon. Quel soulagement! Ni vu ni connu, je reprends sagement ma place devant la BBC avec le sentiment du travail bien fait.
"Where is Brian? Brian is in the toilets!"
Cette nuit là, je me réveille en sursaut. Je rejoue la scène mais tout ne se passe pas comme prévu... Je rêve que le tuyau d'évacuation des toilettes est transparent et qu'il passe dans la cuisine où ma mémère anglaise fomente son prochain attentat culinaire. C'est donc incrédule qu'elle voit passer sous ses yeux son dessert gluant artisanalement momifié. Quand, à mon retour des toilettes, je repasse devant elle avec mon air innocent, elle m'attrape et me demande droit dans les yeux si je veux encore un peu de dessert. Je comprends qu'elle a découvert mon stratagème. J'ai la nausée, je suis fait comme un rat pris au piège de l'incident diplomatique. Je viens de vivre mon propre Waterloo.
Je garde aussi d'autres souvenirs : 
Les sourires des filles. Des cours de langue encore un peu trop abstraits, à mon grand désespoir. La découverte d'une certaine liberté. Les appels téléphoniques à la maison au cours desquels j'ai tant de mal à contenir mes émotions. Les lettres de soutien de mes parents et frère et soeurs à qui j'avais du faire tant pitié le jour du départ! Je les ai relues il y a peu.
Au retour, j'ai offert à mes parents des bonbons anglais ... made in France!!!
Acte manqué au pays de Shakespeare.

dimanche 11 janvier 2009

La petite souris

Ça y est!!! La première dent de mon fiston est tombée hier soir alors que nous étions à table. C'est un nem onéreux mais un peu caoutchouteux qui aura eu raison de la quenotte. C'est un petit bout d'enfance qui s'envole, le provisoire laissant progressivement sa place au définitif. 
Mais notre petit chevalier est fier d'arborer son premier créneau dans le donjon de son château fort dentaire. Depuis quelque temps déjà des interstices dans sa dentition, sorte de mâchicoulis, propices au zozotement nous laissaient à penser que le grand jour était imminent. Nous nous amusions de ce défaut d'élocution ponctuel qui transformait les "ce" en "che" ou en "ze" et inversement. La "ratiche" se transformant ainsi en "ratisse" comme s'il s'était pris un râteau dans les dents justement.
Six an et demi c'est un peu tard pour perdre sa première dent. Les copains de l'école sont en avance sur ce point, des courants d'air plein la bouche. Aussi la joie qu'il manifeste hier soir est vive : YESSSSSSSSSSS!!!!! Presque un soulagement d'avoir franchi le cap comme les autres. Car la différence fait souvent naître des interrogations, des angoisses, n'est-ce pas? Oublié le filet de sang qui accompagne l'événement. Même pas mal! Une petite libération en somme. La voie est à présent libre pour que poussent, dans un joyeux bordel, ses dents du bonheur. S'ensuivront de moins poétiques histoires d'appareil dentaire et de séances d'orthodontie qui viendront émailler sa vie de grand. Vieillir c'est tomber de Charybde en Scylla.
Hier soir, en lui disant bonne nuit, dernier briefing sur l'histoire de la petite souris qui devrait, si tout va bien, lui apporter une pièce. Il a déjà imaginé le trou dans un mur de sa chambre par lequel elle va sa faufiler. Avant de nous coucher, nous veillons à faire en sorte que cet imaginaire d'enfant si bien entretenu par les adultes se réalise très concrètement. Un amusant rite de passage. La petite souris entre discrètement dans la chambre, évite moult pièges à base de playmobils (apportés par le collègue Père Noël), et parvient enfin à glisser délicatement sa mimine sous l'oreiller... Mais le loustic se réveille! Il devait être sur ses gardes. Son imbécile de père lui ayant dit, pour rire, que parfois la petite souris était remplacée par un gros rat. La troisième tentative sera la bonne.
Ce matin, alors que j'écris ces lignes, il arrive dans la cuisine, fier comme un Pape, un magnifique sourire édenté aux lèvres. De la poche de son peignoir rouge, il sort une magnifique pièce. J'adore! 
Du rêve à la réalité, il n'y a parfois qu'un pas ou plutôt quelques années... Et je sais qu'il n'en voudra pas à ses parents de lui avoir fait croire à cette fable et autres fariboles pour enfants et de lui avoir menti comme des arracheurs de dents!

jeudi 8 janvier 2009

Tony vs. Paul

Ca faisait longtemps que je n'avais pas partagé de vidéo par ici mais celle ci découverte chez MasonVerger est vraiment originale, et la musique aux petits oignons!
Alors????

samedi 27 décembre 2008

L'enmerdeur et le roi du silence

Mince, je sens poindre une envie irrépressible. Je suis au travail. Le cadre n'est pas idéal pour "livrer" ce qui me turlupine. Aussi, j'essaye de tromper l'ennemi en pensant à autre chose. Je reprends le cours de mes idées professionnelles et j'oublie ce qui me taraudait le bas des intestins quelques instants plus tôt. Ouf, fausse alerte! Mais je le sais, ce besoin naturel pointera à nouveau le bout de son nez d'ici peu...
J'avais raison. Cette fois je n'en peux plus, il n'y a plus à discuter, l'évidence s'impose. Il y a urgence. Il faut faire de la place et libérer le flux du merveilleux cycle de la transformation des aliments.  Mon corps aura gardé ce dont il avait besoin laissant choir le rebut merdique de ce tri sélectif interne. Ce fruit de mes entrailles, je "duo dénomme" gros et petit intestin, issu d'un bol patiemment malaxé, exploité puis moulé par mon tube digestif, sera expulsé tel un "colon" indésirable.
Bref, je me dirige l'air de rien vers les toilettes. A bien y regarder, ma démarche manque un peu de souplesse. "Constipé" ne serait pourtant pas l'adjectif approprié mais une certaine rigidité laisse à penser qu'un corps étranger entrave et alourdi mon allure. J'arrive enfin à destination, j'ouvre la porte du sanctuaire, j'accroche ma veste à la patère, réalise le petit ménage de la lunette nécessaire à une hygiène correcte, puis je m'installe sur le trône, pantalon aux chevilles. La classe!
J'ai bien regardé en arrivant, pour l'instant je suis seul. Un seul mot d'ordre : Faire vite! Mais l'urgence génère du stress ce qui est en totale contradiction avec la détente nécessaire à une opération pleinement réussie. 
Quand soudain arrive l'intrus. Il entre bruyamment dans les toilettes profanant ainsi le calme refuge. Ce con est venu gâcher ce RDV si personnel avec mon intimité. Un bref coup d'oeil sous la porte et j'aperçois des chaussures à glands, preuve de bon goût! J'opte aussitôt pour la stratégie de l'immobilisme, allant jusqu'à retenir ma respiration. Je fais le mort, je suis le roi du silence. J'ai peur d'être démasqué, comme si je m'adonnais à un plaisir solitaire... Il écoute, je le sais car il a senti ma présence. Il a vu le témoin rouge sur le loquet de la porte. Je suis "estomaqué" par ce manque d'éducation! N'en pouvant plus, j'ambitionne un instant d'essayer de faire glisser silencieusement mon offrande pour la déposer comme une fleur sur le bord du WC. Genre ni vu, ni entendu, ni connu. Une sorte d'élégance discrète en somme. Je suis prêt à tout pour éviter le vulgaire "staccato" de "PLOUF". Celui qui retentit et sonorise la chute de l'excrément retournant baigner dans l'élément originel et autres fonts baptismaux... D'autant que ce bruyant  enchaînement aurait aussitôt levé les doutes sur ma présence. Et le collègue indélicat d'imaginer, sourire aux lèvres, son confère, cigare aux lèvres, dans cette posture incongrue. 
Mais je renonce. Ce tir de précision me paraît bien risqué et trop technique. En plus la visibilité est mauvaise. Je résiste à la pression encore un peu, espérant un rapide retour au calme. Mais à côté,  le "profanateur" s'éternise. J'ai l'impression qu'il pisse comme vache qui pleut, ou quelque chose dans le genre. Je ne suis plus ZEN du tout, vivement qu'il taille que je "chie " en paix. Un peu plus il va se laver les mains ce con! Ce lieu d'aisance n'a jamais aussi mal porté son nom...
Il finit par s'en aller. Retour au calme. Je peux enfin tranquillement terminer ma besogne et rendre à dame nature ce qu'elle m'a donné d'inutile. Je quitte les lieux, un brin contrarié mais soulagé, laissant derrière moi des effluves prononcées. Une sorte de signature olfactive très intime mais mal assumée, puisque lâchement dénaturée au WIZARD fleur de printemps
Dans le couloir je croise le regard "goguenard" d'un type, costard gris, cravate tombante, chaussures à glands : "Belle journée Mr Superolive n'est ce pas?!" 
Je suis tellement défait que sur le coup,  je ne fais pas le rapprochement et je reste coi. Le roi du silence en somme...













Mais quelle aventure vous en conviendrez?!!!   

Et au fait   Bonnes  Fêtes de fin d'année à vous!!!!!

vendredi 5 décembre 2008

Le vent du boulet

Il y a des jours en Bretagne où le vent souffle fort. C'était le cas avant hier. Les nuages filaient dans le ciel à une vitesse inhabituelle, s'agglutinant parfois pour former une chape sombre et inquiétante, presque noire, dont le trop plein s'évacuait dans des trombes d'eau glacées, au dessus de nos têtes fragiles. Et le soleil de revenir ensuite comme par enchantement nous chauffer le corps et le coeur.
Dans notre vie aussi, il y a des jours où l'on mesure que la nature impose sa loi, que le ciel est changeant et que l'horizon peut s'assombrir bien vite. Vous savez, cette sensation de frôler l'abîme et de sentir de près le "vent du boulet". Un vent qui fout la trouille et qui pue la mort.
Ce fut le cas pour nous il y a deux jours.
Nous n'avons pas entendu le coup de semonce, ni vu le boulet passer mais bien ressenti le souffle puissant qui indique que le projectile est passé à côté. L'onde de choc qui tord d'abord les boyaux, puis l'odeur de la poudre qui pique le nez et les yeux.
Juste une déflagration, un coup de canon.

Ce vent soudain qui s'engouffre dans un couloir, trop étroit pour contenir sa fougue, faisant claquer les portes pour s'échapper par la seule issue possible. Un grand BOUM retentit, perturbant ainsi le calme et la sérénité des lieux. Aux alentours, les petites choses en équilibre précaire basculent aussitôt, balayées par cette violence subite, prolongeant le fracas en un écho plus délicat. Puis s'installe un grand silence et les rideaux retrouvent doucement leur place, immobiles. On entraperçoit dans un rai de lumière blanche la fine poussière qui retombe vers un tranquille retour à la normale. Une illusion. Puis on mesure enfin l'ampleur des dégâts et la fragilité de cet équilibre instable où tout peut basculer dans un jeu bien plus grave à la météo brusquement moins clémente.
Pas de casse pour cette fois.
Un ami, mille merci, nous aura vite rassuré. Le calme est revenu dans notre maisonnée, le stress est grâce à lui retombé aussi vite que la tempête s'était levée.
Rien de tel que de nous savoir si fragiles et vulnérables pour profiter pleinement de la vie.

Une pensée toute spéciale à ceux qui, un triste jour, ont pris le boulet dans les dents et qui réussissent malgré cela à faire bonne figure et à garder le sourire, bien que déglingués de l'intérieur. Quelque chose dans leur regard viendra de temps en temps trahir qu'un jour la vie est passée par là, un peu trop vite sans doute...

dimanche 30 novembre 2008

Soirée crêpes

Quand tu es breton, il y a toujours un moment où te prend une envie subite de manger des crêpes.

Quand tu es breton, malin et que tu as une famille nombreuse et qu'en plus c'est la crise (!), il est judicieux d'apprendre à faire les crêpes toi-même.
Pour nous c'était hier soir!
Attention qu'on se comprenne bien, quand je dis faire des crêpes, c'est les fabriquer de A à Z, pas juste les faire réchauffer dans une vulgaire poêle Tefal.

Etape numéro 1 : Emprunter un bilig. Rien à voir avec les chatouilles mes amis, c'est le nom breton donné à la plaque de fonte ronde sur laquelle on étale la pâte pour la faire cuire. Merci maman !
Etape numéro 2 : Dégotter une recette de pâte chez une des grands mères autochtone encore en vie et qui sera prête à transmettre un peu de son savoir faire "ancestral". Une recette pour la pâte blé noir (sarrasin) et une autre pour celle au froment. Merci la mère Denis ! (private joke)
Etape numéro 3 : Se familiariser avec le matériel du crêpier. La rozell (sorte de râteau d'extra terrestre sans dent pour étaler la pâte sur la bilig en décrivant un cercle), la spatule "truc much" pour retourner la crêpe et la louche de la bonne contenance. J'allais oublier la bouteille de cidre brut à consommer avec modération sous peine de tourista bretonne... Les spécialistes le savent : impossible d'abuser de la pomme sans récolter quelques pépins (oh oh oh!).

Après il faut se lancer...
La louche remplie de pâte dans une main tremblante, dans l'autre la rozell, le tout au dessus de la plaque qui chauffe les joues. C'est fou ce qu'on se sent maladroit avec tout ça dans les mains au début, comme l'impression d'avoir deux mains gauches.
Allez hop c'est parti ! Et voilà ce que le premier essai a donné!

Inutile de vous dire qu'on s'est bien marré, enfin au début. Les tentatives peu concluantes ayant en effet duré un certain temps, nous avons à un moment envisagé un repli stratégique au Mac Quick local ! Quand tes crêpes ressemblent plus à des pâtés gluants qu'à de délicates et fines dentelles, tu commences à douter des tes capacités de "crêpeman". Ensuite, alors que tu pensais avoir fait le plus dur en réussissant à étaler la pâte de manière à faire une jolie crêpe ronde (au début, tes crêpes forment des figures que même les experts en géométrie ignorent), c'est en la retournant avec la spatule (en te brûlant malgré tout les doigts) que la crêpe t'échappe se coupant en deux pour venir s'écraser et se coller sur la bilig en un amas peu ragoûtant. Et merde! Et oui le breton jure parfois comme un charretier.
Au final, comme le breton est têtu et qu'en plus il est gourmand, voici le résultat obtenu après avoir foiré quelques louchées !
Une couleur magnifique un goût délicieux et ce malgré une technique peu académique!

Nous nous sommes régalés et le père Noël devrait nous apporter une bilig Krampouz bien de chez nous !
A nous les soirées conviviales en famille et entre amis.
Dès que j'aurais affiné mon style, j'espère bien pouvoir faire déguster ces crêpes délicates à quelques-uns de mes amis des Côtes d'Armor ou d'Ille et Vilaine. Chez eux les crêpes sont plus épaisses et s'appellent des "galettes". Rien à voir avec leur fort penchant pour l'alcool et les déboires qui s'en suivent... mais un truc de bourrin tout de même!
Depuis le bout du monde ou presque, je colle une bise à tous mes amis bretons !

mardi 11 novembre 2008

Un jour d'automne

Aujourd'hui séance jardinage. Ramassage de feuilles dans le jardin détrempé en compagnie de la petite troupe armée de bonne volonté. S'il est agréable de pouvoir s'aérer entre deux averses, passer le râteau est un peu monotone. Enfin, c'est une activité de saison et la pelouse est propre. Dire qu'il faudra recommencer la semaine prochaine! Car il reste encore quelques feuilles dans les chênes qui bordent mon terrain.
Certaines s'accrochent encore aux branches en ce jour de commémoration de l'armistice de la première guerre mondiale. Aucun rapport me direz-vous. Moi, j'y vois comme un symbole en ces temps ou l'on se demande s'il ne faut pas diminuer ces jours fériés pendant lesquels on ne fait rien mais où l'on se souvient. C'est déja bien, non?
Revenons à mes feuilles, enfin à celles qui tiennent toujours dans leur arbre. Leur avenir est inéluctable, comme le fut celui de nos soldats de la Grande Guerre, malgré leur envie de vivre.
L' instinct de survie. Ne pas lâcher, rester encore un peu le nez au vent, malgré le froid et la pluie. Vivre encore un peu avant d'atterrir quoiqu'il arrive sur le plancher des vaches, recroquevillés en chien de fusil, tranchés en deux, serrant fort une vieille branche, criblés de balles, le nez dans la gadoue. Profiter du moindre instant et lutter encore malgré la mort qui rôde, omniprésente.
Lutter pour ne pas se laisser emporter par la bourrasque qu'elle vienne du ciel ou du souffle des canons. Ne pas terminer entassés au fond du sac du "jardinier" qui tel un croque mort ramasse la vie au râteau, balayant tout sur son passage, impitoyable. Rester pour témoigner, pour nous aider à nous souvenir qu'il y a peu de temps encore, de la sève et du sang coulaient dans leurs nervures et leurs veines pour leur donner vie.
En vain.
Une vie envolée, volée en l'espace d'une saison. Le temps d'une jeunesse, trop courte évidemment.
Se souvenir de l'histoire malgré le temps qui passe. Se souvenir de nos chers arrières et grands pères. Chair à canon aussi.

Mourir pour la Patrie, ça veut dire quoi pour nous? Je cherche des réponses. Eux ont dû passer à l'action.
Plus aucun poilu pour témoigner des ces horreurs. Vous me direz, les poils c'est ringard de nos jours. Même les mâles s'épilent la face et le reste aussi, c'est tout dire de nos préoccupations...

C'était un bien triste jour d'automne finalement.

mardi 28 octobre 2008

Le vélo elliptique ou le sport par omission...


Ma femme a deux soeurs. Une des soeurs a des copines "tendance dans le mouv".
Discussion :
- Et tu sais pas quoi?
- Non!
- Une de mes copines a retrouvé un corps de rêve suite à un régime alimentaire + faisage de sport intensif grâce à ce type d'appareil dans lequel elle a grave investi (en fait elle ne parle pas comme ça mais bon).
- Dingue!!!
Comme d'habitude, moi et mon beauf adoré (le mari de la soeur de ma femme, je crois que c'est clair) nous n'avons pas été sollicités pour donner notre avis sur le corps de rêve, mais paraît-il que le résultat est probant. A tel point que la vie sentimentale de la copine a pris un sérieux coup d'accélérateur! Bref passons.
Tiens je les imagine bien les miss à se comparer le tour de cuisse et les abdominables (Houlalalala, je plaisante, je plaisante!!) en loosedé au bureau!
Et comme les filles ça cause un max, j'ai surpris un jour une conversation inquiétante!
Ma femme, ma belle soeur et une autre copine, motivées comme jamais par de telles prouesses, étaient sur le point de faire don de leurs dernières économies au M6 Boutique local pour acheter l'appareil à sculpter leur body.
Autant vous dire que pour le corps de rêve je suis partant mais j'ai une théorie sur ce type d'engin de remise en forme. Dans 95% des cas il reste planqué dans le garage ou au fond d'un placard au bout de 3 semaines! Et même si les nombreuses émissions de téléshopping ont rendu le truc elliptique accessible financièrement, ça reste tout de même un peu cher pour se retendre la peau et l'ovale des fesses, surtout en cas de non utilisation...
En forçant le trait, je pense que les seuls à avoir réellement transpiré sur l'engin miracle sont les maris bien intentionnés (à qui on a promis un corps parfait!) essayant tant bien que mal de monter le nouveau joujou de leur chère épouse. Car évidemment, ce bastringue d'usine à corps de rêve, est livré en pièces détachées avec une notice en mandarin.
Vous me direz, le mandarin pour lutter contre la peau d'orange c'est un bon début !

Elles ont finalement choisi de s'incrire dans une salle de Gym qui répond au doux nom de "L'Orange Bleue". Tout un poème à base de Cuisses abdos fessiers, de body attitude et d'interval circuit! Et au délà des discussions gloussades et blibli blabla de filles, j'ai l'impression qu'elles aiment ça!
Alors bon courage les filles et rendez-vous l'été prochain!
Tiens ce soir en tant que conjoint, je suis invité à découvrir la salle avec un pote. J'enfile ma combinaison moulante mauve, un bandeau autour du crâne et j'arrive! TOU TOU YOU TOU

C'est ma femme qui gardera les schtroumphs. Elle sera peut être dans le jus, mais moi je suis pressé d'y être, à "l'Orange Bleue"...

lundi 27 octobre 2008

Vu et apprécié chez le père Vinvin


Obama '08 - Vote For Hope from MC Yogi on Vimeo.

dimanche 12 octobre 2008

Séquence mode : Attention danger!

J'ai entr'aperçu que, l'été qui s'achève (les pieds dans l'eau...), dans les magazines féminin, ce type de maillot était "tendance".
La tendance et la réalité font sans aucun doute parfois bon ménage. Mais sur le sujet qui nous concerne je n'avais pas encore eu l'occasion de le vérifier de visu, faute à un été maussade...

Bon les amis, je reviens de la piscine et j'ai eu comme une révélation.
Très clairement ce genre de maillot n'est pas à mettre entre toutes les mains.
Il se trouve que je n'aime pas l'esthétique et la coupe très années 80 du modèle ci-dessus. Aussi, je ne préfère pas m'étendre sur celui que j'ai eu en visuel ce matin dans les eaux limpides de l'Aquasplash local.
Il était si bariolé et flashy que j'ai failli en boire la tasse!
Et je ne souhaite pas m'apesantir sur l'imposant décalage qu'il peut y avoir entre un top modèle et un modèle disons euh ... pas top...
Vous me direz que chacun fait ce qui lui plait et on sera bien d'accord. Maintenant, si en plus ça peut faire sourire les copains c'est encore mieux.
Tiens, si ça se trouve moi aussi dans mon moule bite Mégathon j'avais l'air d'un con (ma mère!).
Moralité (pour chlore le débat): Si tu ne veux pas être moquée par des malautrus malgré de ton corps de rêve (ou pas), évite les trucs dans le style. Sauf vraiment si tu as un corps de rêve...